Vie locale

Publié le lundi 28 août 2017

LES VITRAUX DE LA CHAPELLE SAINT ANTOINE

1200 heures de travail

La création des vitraux de la chapelle Saint-Antoine est le fruit de 1200h d’un travail méticuleux réalisé par neuf bénévoles de l’atelier vitrail de l’association Pleurtuit Accueil Animation, à la demande de la municipalité de Pleurtuit.

« Lorsque Monsieur le Maire nous a lancé ce défi, on a tout de suite voulu le relever. Nous nous étions donné deux ans pour réaliser le travail. Nous n’avons qu’un an et demi. » nous confie Jacques Touchard, président de l’association.

Le petit groupe se prend au jeu, se retrouve plusieurs fois par semaine dans le local de la Maison des Associations mis à leur disposition. Les premiers résultats ne se font pas attendre et ils sont encourageants !

« Il nous a d’abord fallu apprendre les gestes. Savoir couper, polir, meuler, mastiquer… et puis on s’est lancé. Certains détails ont pris beaucoup de temps. Par exemple, pour le chapelet de Saint-Antoine, il m’a fallu près de 16h. Sur le vitrail de la mer, j’ai mis près de 4h à poser une pièce de 2 cm»

 

 

 

 

 

 

 

Et les dessins, qui les a choisis ?

Les vitraux ont été dessinés par Martine Cochet, dessinatrice, avant d’être soumis au Conseil Municipal et à la commission diocésaine.

Trois thèmes qui n’ont pas été choisis au hasard

Jacques Touchard nous parle de chaque vitrail. Pour les avoir réalisés en parti, il en connaît chaque détail.

Le premier  vitrail, au bas de la nef, représente Saint-Antoine l’égyptien

Le Saint y occupe une place centrale. Ilest entouré de tous les attributs le symbolisant :

  • Une auréole sur la tête, bien évidemment, pour montrer sa sainteté,
  • Un cochon à ses pieds, Saint-Antoine élevait des cochons. Avec la graisse de porc, il soignait les maladies de peau. Par la suite, les religieux qui ont fondé l’ordre des antonins avaient de droit de laisser leurs troupeaux de porcs divaguer le long des chemins.
  • Des pyramides l’entourent, Saint-Antoine ayant fondé son ermitage en Egypte où il est mort en 356.
  • Des flammes montent à sa droite car on dit que Saint-Antoine avait résisté au feu de la tentation au cours de sa vie. Mais on attribue aussi à Saint-Antoine le pouvoir de guérir le mal des ardents ou feu Saint-Antoine. Il s’agit d’une maladie moyenâgeuse due à l’ingestion de farine contaminée par l’ergot de seigle, en temps de disette.

Chapelle Saint Antoine Pleurtuit visite vitraux avec Monsieur Touchard président club vitrail

Les deux vitraux suivants symbolisent la vocation à la fois terrestre et maritime de Pleurtuit

Nous retrouvons sur le blason de Pleurtuit les trois vocations de notre territoire :

  • Terrestre : l’activité agricole a dominé pendant de longs siècles
  • Maritime : la Rance tout proche et la mer non loin a également pourvu à de nombreux emplois
  • Aérienne : l’un des premiers aérodromes français a été installé à Pleurtuit et son activité perdure encore aujourd’hui.

Pour les créateurs des vitraux, il a fallu choisir entre ces trois vocations, car seules deux fenêtres restaient disponibles. La chapelle étant située au cœur d’un hameau au riche passé agricole et maritime, c’est donc naturellement que ces deux thèmes ont été retenus.

On retrouve donc dans le vitrail central une évocation de la vocation terrestre de Pleurtuit

  • Sept papillons, animal terrestre, survolent des champs au milieu desquels on retrouve une petite chapelle

Dans le dernier vitrail, c’est la mer qui est représentée :

  • sept mouettes qui survolent la mer sous un soleil radieux.
Découvrez ces vitraux lors des visites organisées par l’association Patrimoine de Pleurtuit en Pays de Poudouvre

« Aujourd’hui que les vitraux sont posés, l’atelier vitrail se sent un peu desoeuvré. Il manque quelque chose. L’aventure a été belle et prenante. Il faudrait

que l’on retrouve un autre projet » nous confie Jacques Touchard.

vitrail chapelle Saint Antoine Pleurtuitvitrail terre saint antoine pleurtuit

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle Saint-Antoine

Impossible de parler de Saint-Antoine sans s’attarder sur la chapelle. Cet édifice, modeste, typique de l’architecture religieuse bretonne est au cœur du village. C’est aussi un élément fort du patrimoine pleurtuisien, témoin de l’histoire de la ville, que les habitants du hameau et la municipalité ont à cœur de valoriser.

Tout commence au 16ème siècle

La première mention de la chapelle est faite dans un aveu du 8 mai 1540 au futur roi Henri II, alors Dauphin de France et duc de Bretagne. Ce n’est qu’à partir de 1670 qu’une chapelain y est attaché. La cloche, quant à elle, est datée de 1783.

chapelle saint antoine extérieur

Aux lendemains de la Révolution, la chapelle est en ruine. Sous l’impulsion du curé d’alors, les habitants du village la reconstruise à leurs frais.

Au 19ème siècle, la chapelle est fêtée une fois par an lors de la Fête de la Saint-Antoine. Une grand messe chantée est dite par le curé à qui les habitants offrent du lard et des pieds de cochon. Cette offrande étant ensuite redistribuée aux pauvres.

A l’issue de la seconde guerre mondiale, la chapelle a beaucoup souffert. Les bombardements alliés l’ont en partie détruite, tout comme une plusieurs maisons du village. Elle est alors restaurée par l’architecte Maillols qui décide de diminuer sa hauteur et d’ajouter de petites flèches sur ses fenêtres et son clocheton.

Au 21ème siècle, l’histoire se poursuit

L’histoire de la chapelle, comme pour tant d’autres monuments de cette époque, aurait pu s’arrêter après cette restauration d’après-guerre. Mais il manquait quelque chose à cet édifice… des vitraux.

On ne sait pas si la chapelle d’avant-guerre en était ornée. Il n’en est fait mention nulle part. Tanpis. L’histoire n’est pas figée. Le patrimoine doit être vivant.

La ville a donc décidé, voici deux ans, d’écrire elle-même une page de l’histoire de la chapelle en demandant à l’atelier vitrail de l’association PAA de les créer. Le défi était de taille mais il a été relevé avec enthousiasme. A l’issue d’une belle aventure humaine, les trois fenêtres ont été posées au printemps 2017 et inaugurées le 16 septembre dernier, dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine.

 

La hameau Saint-Antoine

Une plongée dans le passé

Vous pouvez découvrir Saint-Antoine en voiture, y entrer par le Chemin des Pois et en ressortir par la Route de la Chapelle. Vous en aurez rapidement vu l’essentiel… la chapelle. Mais vous n’aurez pas capté l’âme de ce hameau lové au cœur du Pleurtuit agricole. C’est donc bien à pied qu’il faut flâner dans ce village qui a abrité jusqu’à 130 âmes au début du 20ème siècle.

Entrer dans le vieux Saint-Antoine, c’est comme faire un bond dans l’histoire. Revenir 100 ans en arrière. Le hameau est sillonné de petites rues que seul le goudron différencie des routes d’autrefois. Peu larges, sinueuses, bordées de fleurs sauvages, on a aucun mal à imaginer le bruit des charrettes y passant.

A pied, vous découvrirez des endroits du hameau inaccessibles en voiture. Vous pénétrerez dans un chemin creux, vous verrez la chapelle de dos et, en empruntant l’impasse des Virgondins, vous finirez dans la cours des miracles.

Des détails qui en disent long !

Regardez, observez et découvrirez les détails architecturaux, témoins de ce passé séculaire,  dont regorge le village : portes romanes, linteaux sculptés, cours et courettes bordées de murs, escaliers montants aux maisons à perron… Chacun nous permet de suivre l’évolution du village et par là-même de mieux comprendre l’organisation et l’évolution de l’architecture rurale de notre région. Même si de nombreux remaniements ont été réalisés sur les différentes longères pour s’adaper à la vie moderne, l’ambiance est là.

La plus grande longère du village, qui borde le Chemin des Pois peu après la chapelle, est également la plus ancienne habitation du village. Sur sa façade côté rue, on peut aujourd’hui voir de nombreuses ouvertures, récemment créées. Ce mur était autrefois aveugle, à l’instar de toutes les longères bretonnes qui faisaient dos aux vents dominants du nord et de l’ouest et face au sud. Son autre façade, quant à elle, s’ouvre sur une campagne riche et de grands champs ouverts. Vous pouvez l’apercevoir en empruntant le chemin creux qui se trouve à sa gauche.
ancienne ferme saint antoine pleurtuit ancienne ferme saint antoine pleurtuit

 

 

 

 

 

 

Le placis de la chapelle, autrefois appelé cours des miracles, jouxte la chapelle. Lieu d’échange, autrefois comme aujourd’hui, les commerçants ambulants, tout particulièrement les bouchers s’y installaient.

Plus qu’un hameau, Saint-Antoine était un village avec ses commerces : épiceries, cafés, boucheries… ses lieux de vie : puits et lavoir aujourd’hui disparus et ses histoires… Il faut donc s’imaginer une belle effervescence dans ce village qui abritait également de nombreux paysans marins.

Tous ces détails ne trompent pas quant au passé à la fois riche et plus que centenaire du village.

 

 

 

 

 

 

 

 

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