Des origines à l’époque gauloise

L’origine de Pleurtuit est très ancienne et son territoire a certainement été occupé dès la préhistoire puisque l’on y a retrouvé des outils en pierre polie et en bronze.

A l’époque de la Gaule indépendante, la tribu des Coriosolites qui s’étend sur près de 6 000 km2, est divisée en « pays ». Celui dans lequel se situe Pleurtuit est le Pou Dubro. Il deviendra par la suite le « Poudouvre ».
Les deux villes importantes sont Alet et Corseul, mais il existe également de nombreux lieux fortifiés tel que Cancaval situé sur notre territoire ; un fragment de céramique datant du 1er siècle y a été retrouvé.

Lors de la domination romaine le Pou Dubro celte devient le Pagus Aquarum. Deux voies romaines existent et se rejoignent sur Pleurtuit, celle de Corseul à Alet et celle de Carhaix à Alet, et continuent en une seule voie vers le passage de la Rance à Jouvente. Le carrefour du centre ville rappelle ce croisement des routes romaines à Pleurtuit.

Le PouDubro (pays de l’eau en gaulois), devient le Pagus Aquarum (pays de l’eau en latin) avant de s’appeler le Poudouvre depuis le moyen-âge. Ce terme désigne le territoire s’étalant entre les deux rivières que sont l’Arguenon à l’ouest et la Rance à l’ouest. Le Poudouvre est donc le pays entre deux rivières d’où Pays des eaux.

Cancaval : ce nom  se rattache au gaulois quen (can) désignant un lieu élevé, et au nom caballos signifiant cheval en gaulois. Le promontoire de Cancaval désignerait ainsi le « sommet » ou « la falaise du cheval ».

Jouvente dérive du latin juventus, désigne les jeunes gens qui portent des armes. Jouvente paraît bien faire référence à la tradition de l’armée romaine de faire garder le passage des fleuves par de jeunes recrues;

Du Moyen-Age à la Révolution française

Vers l’An 400, la région voit la fin de l’influence romaine après avoir subi de nombreuses invasions. Le christianisme fait son apparition. Les moines gallois et irlandais chassés par les Anglais arrivent en Bretagne et fondent des communautés chrétiennes dont on retrouve l’origine dans le nom de Pleurtuit. Le « Plewgt » était une petite colonie civile bâtie autour d’une église baptismale. La paroisse de Pleurtuit couvrait alors les paroisses actuelles de Saint Briac, Saint Lunaire, Saint Enogat (Dinard), La Richardais, Le Minihic sur Rance ainsi qu’une partie des paroisses de Langrolay et de Tréméreuc. Elle possédait en sus, semble-t-il deux « trêves » (chapelles ou églises succursales) : Tréméreuc et Trégondé.

La création du bourg actuel date de cette époque, puisqu’il est alors décidé de construire, à l’intersection des anciennes voies romaines dont on a parlé plus haut, l’église baptismale de la paroisse primitive de Pleurtuit ainsi que les maisons du bourg.

 

Au IXeme siècle, l’invasion normande de nos côtes est un vrai désastre pour la population rurale. La Vallée de la Rance se trouve totalement occupée. Lors des grands partages féodaux, des comtés se forment. De même est fondée « la Vicomté du Poudouvre », calquée sur le plus ancien fief féodal breton qui s’étend de la Rance à l’Arguenon (le Pou Dubro). En 1198, cette vicomté qui dépendait du comté de Rennes, entre dans la maison de Dinan. Elle est par la suite démembrée en plusieurs seigneuries.

Sur Pleurtuit, on peut citer de nombreuses maisons nobles exerçant un droit de justice : Pontbriant et Crochais; la Ville Botherel, la Vieuxville et le Dick; Richebois et Pontfily. En 1470, Roland de Beaumanoir, Seigneur du Bois de la Motte (les Landes Bellières) fait dresser les Fourches patibulaires à quatre piliers, qui donnaient le droit de juger les grands délits.

 

 De 1790 à nos jours

En 1790, la commune de Pleurtuit est comprise dans le canton de Saint Briac mais elle obtient une municipalité distincte en 1795, devient chef-lieu de canton (comprenant une seule commune) avant d’être supplantée par la toute nouvelle commune de Dinard. Pleurtuit compte 5 515 habitants en 1790, 6 596 en 1800 et 8 352 en 1831. Elle est ensuite amputée de deux de ses plus importants villages devenus communes : Le Minihic en 1843 et La Richardais en 1880, ce qui porte le nombre d’habitants en 1881 à 4 227.

Durant des siècles, Pleurtuit vit de l’activité agricole, de la pêche et au XVIIIème siècle de la construction navale notamment avec le chantier naval créé par Benjamin Dubois, armateur devenu propriétaire de l’Anse de Montmarin en 1782. Aux XIXème et XXème siècles l’activité importante de la commune devient la grande pêche avec Terre-Neuve.

Carte postale ancienne du moulin à marée du Montmarin

Carte postale ancienne du moulin à marée du Montmarin

Vestige du Moulin à marin de Montmarin

Vestige du Moulin à marin de Montmarin

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez voir, dans l’anse du Montmarin, les vestiges de la cale sèche et du moulin à marée appartenant autrefois au chantier naval du Montmarin.

Baladez-vous également dans le hameau de Jouvente et de la Moisiais, empruntez les chemins de la Jouventelle et de la Rêverie, pour découvrir les maisons des pêcheurs et des ouvriers du chantier, logés par leur patron.

Le début du 20ème siècle voit l’apparition de la brique dans les constructions. C’est à cette époque qu’une briquetterie s’installe à Pleurtuit.

briquetterie le calvez

Briquetterie Le Calvez

1910, voit la naissance de l’aéroport. Il permet aux anglais de relier facilement leurs résidences principales en Angleterre de leur lieu de villégiature de prédilection à l’époque : Dinard. De grands noms de l’aviation, comme Roland Garros y effectuent des vols. Brindejonc des Moulinais, Pleurtuisien, sera l’un des pionniers de cette belle aventure.

Pendant les années d’occupation, les armées allemandes établirent une ligne de défense du village des Rues en passant par la Rogerais, la Vieuxville, la Bardelière pour aboutir au Minihic sur Rance. Pleurtuit et son aéroport sont alors une place à défendre. La bataille de la libération de Pleurtuit, du 7 au 12 août août 1944, est acharnée. Les pertes humaines, dans les deux camps sont nombreuses. Le bourg est démoli.

Pourquoi l’église de Pleurtuit n’a plus de clocher ?
PLEURTUIT histoire clocher
En 1941, pour la sécurité de leur trafic aérien, les autorités allemandes décidèrent d’araser le clocher au niveau du faîte de la toiture de l’église, celle-ci se trouvant à 1 km de la grande piste de l’aéroport. La flèche du clocher avec son coq sont aujourd’hui visibles sur le parvis à côté de l’église.

Pleurtuit est aujourd’hui une ville dynamique en pleine expansion qui sait tirer profit de sa situation au cœur du triangle d’or Saint-Malo, Dinard, Dinan.

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